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Éternels Éclairs
Poésie Peinture

Les voici


Son heureux fiancé l'attend ; moi je me cache.
Elle vient ; je l'épie, en murmurant tout bas
Ce reproche, le seul que son oubli m'arrache :
- Vous ne m'aimiez donc pas ?

Les voici tous les deux : ils vont l'un près de l'autre,
Ils se froissent les doigts en cueillant des lilas.
- Vous oubliez le jour où ma main prit la vôtre ;
Vous ne m'aimiez donc pas ?

Heureuse elle rougit, et le jeune homme tremble,
Et la douceur du rêve a ralenti leur pas.
- Vous oubliez le jour où nous errions ensemble ;
Vous ne m'aimiez donc pas ?

Il s'est penché sur elle en murmurant : « Je t'aime !
Sur mon bras laisse aller, laisse peser ton bras. »
- Vous oubliez le jour où j'ai parlé de même ;
Vous ne m'aimiez donc pas ?

Oh ! comme elle a levé cet oeil bleu que j'adore !
Elle m'a vu dans l'ombre et me sourit, hélas !
- Que vous ai-je donc fait pour me sourire encore
Quand vous ne m'aimez pas ?


Sully Prudhomme
Stances Et Poèmes



Autres pages concernant ce poète : Les Oeuvres de A à Z - Le Florilège de poèmes - La Biographie






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« Les voici » de Sully Prudhomme
sur les Éternels Éclairs.



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