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de Stéphen Moysan



Éternels Éclairs
Poésie Peinture

Intrigues de l'électrocène

Math Empirique Jacomy


Intrigues de l'électrocène, Math Empirique Jacomy

Bien après l'anthropocène, après la disparition de l'espèce humaine, après même la restauration climatique, vient l'électrocène. Y vivent des êtres sans commune mesure, ni avec nous, ni entre eux, et qui nous ont oubliés. Leurs histoires nous semblent à la fois étranges et familières.


Album disponible sur Bandcamp et la plupart des plateformes.



L'émeute des insectes est brisée par la pluie

On m'a dit que vous vouliez des histoires. Pourtant la plupart des histoires sont dérisoires. Mais bon... Un demi-million d'années après la disparition de l'espèce humaine, on a vu une colonie d'insectes prendre les armes pour défendre quelque chose que vous ne pourriez pas comprendre. Et on a vu une averse tragique mettre fin à leur mouvement.


Ce ver vivait dans les ondes de la télé

Dragon sans tête, nul ne savait que tu existais lorsque l'espèce humaine mit fin à ton habitat hertzien. On te devait bien cet hommage, ver.


Levures en fête dans l'obscurité d'un vieux vin

Personne ne débouchera cette bouteille rescapée, mais à l'intérieur la vie a décidé à sa façon d'en profiter. Neuf siècles plus tard, dans sa prison de verre, la minuscule civilisation s'éteint.


Cette vieille IA faisait du nucléaire

Cette vieille IA voudrait raconter l'anthropocène. À cette époque vivaient des types qui croyaient être les seuls à faire des câlins ou des études, enfin, toutes ces choses... Cette vieille IA voudrait raconter l'espèce humaine, mais tout le monde s'en fiche. Les autres, ils n'en ont pas entendu parler. Alors pour faire son intéressante, elle montre comment elle sait faire éclater des atomes. Elle fait des feux d'artifices quantiques: Oh, c'est joli, et ca lui rappelle des souvenirs.


Le fantôme du pétrole à la recherche des successeurs des humains

Pour lui, rien n'est plus beau qu'un panache noir dans l'azur. Il écume la surface en quête d'une trace, d'une coulure. Son fantasme: le retour des avions, ou mieux ! Des avions-voitures. Qui lui ramènera les sensations d'un oléoduc ? Un peu d'espoir le quitte. Dans son rêve hermétique il hallucine la poisse d'un réservoir ou d'un derrick. Pour lui, rien n'est plus beau qu'un goudron dans l'écume. Une souillure sur la dune. Des alcanes en déluge. Une coulée de bitume. Une brume d'hydrocarbures. Ah !


Débats festifs nocturnes

Sous une pluie légère, mes louves-lucioles guettent le crépuscule incertain. De la restauration climatique il est resté une tradition de débats nocturnes. Nous apportons des fruits frais. Une nuit sans lune s'est imposée, en route.


Fragments de moissons

La moisson des algorithmes est terminée. Cette fois nous recyclerons leur paille. Cet été est propice à la création. Ici et maintenant tout être est un fragment et tout fragment, un être.


L'Ange et le professeur reconstituent ses souvenirs

L'ange et le professeur reconstituent ses souvenirs. Ils commencent par rassembler les fragments dont ils disposent dans un bain d'amour liquide. Il faut purger leur anxiété. Les fragments sont en train de se ressouder. L'ange peut les déplacer, sans déchirer leur rhizome ! On peut déjà apercevoir leurs images qui s'échappent en auréoles boréales. Les mémoires commencent à se tricoter, ils vont les laisser pousser. L'ange et le professeur relancent le fil des pensées. On peut voir le désir se remettre à tourner. Les mémoires sont déjà régénérées. Elles peuvent être cultivées. L'ange va les ranger. Le professeur va se recalibrer. Elles resteront vivantes des dizaines d'années. Des millions de fois, divisées, puis consommées.


Fermes de calcul motorisées croisent serpent céleste

Un seul être défie votre entendement, et tout est repeuplé. Dérivant dans l'atmosphère, des machines retrouvent par hasard le coatl oublié, gardien du vide grouillant.


Les marées du rêve les font sans cesse sortir et re-rentrer

On m'avait dit où trouver leur amarre. Elle y était. En bordure du festival secret. On les appelle demi-êtres parce que, ils n'accrochent pas au réel. J'aimerais leur parler. Je patiente immobile, que la marée du rêve engloutisse progressivement ma carcasse. A l'envers on m'observe. J'appelle. Leur aile est une voile solaire, un écran prismatique, une arche que j'échoue à circonscrire. Mais un reflet suffit pour qu'ils s'annulent. Leur écho me soulève mais leur absence m'étreint. Pour nous, ils incarnent la perte.



« Éternels Éclairs : Sources de poésies »


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