Éternels Éclairs

Poésie et poèmes drôles, humoristiques, amusants, marrants ...

Tableau femme rigolant

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Bain de soleil

La salle de bains est fermée à clef Le soleil entre par la fenêtre et il se baigne dans la baignoire et il se frotte avec le savon et le savon pleure il a du soleil dans l'œil.

— Jacques Prévert (1900-1977)
Paroles

Composition n°6

Soir d’été au parc - * Chacun est occupé À regarder son portable. Au fond du bassin Un poisson nonchalant gobe L’image de la lune. Passe une femme - Reste la trace d’un parfum Et d’un sourire.


Fred Masarani : * Eté au parc
Bruno Hulin
André Cayrel

Composition : Stéphen Moysan

— Stéphen Moysan
Compositions Haïcubes

Début de l’été

Fatigués du métro Ils s’entassent Sur la plage. Le chant des sirènes N’attire Que des naufragés. Une foule allongée En code barre Le prix des vacances.

— Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

Être ange

Être ange C'est étrange Dit l'ange Être âne C'est étrâne Dit l'âne Cela ne veut rien dire Dit l'ange en haussant les ailes Pourtant Si étrange veut dire quelque chose Étrâne est plus étrange qu'étrange Dit l'âne Étrange est Dit l'ange en tapant des pieds Étranger vous-même Dit l'âne Et il s'envole

— Jacques Prévert (1900-1977)
Paroles

Le Capitaine Jonathan

Le Capitaine Jonathan Etant âgé de dix-huit ans Capture un jour un pélican Dans une île d'Extrême-orient. Le pélican de Jonathan Au matin, pond un oeuf tout blanc Et il en sort un pélican Lui ressemblant étonnamment. Et ce deuxième pélican Pond, à son tour, un oeuf tout blanc D'où sort, inévitablement Un autre, qui en fait autant. Cela peut durer pendant très longtemps Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

— Robert Desnos (1900-1945)
Chantefables

Parfois… quand vous pleurez… personne ne remarque vos larmes… Car quand vous êtes triste … Personne ne remarque votre peine… Parfois… quand vous êtes heureux… personne ne remarque votre sourire… Mais pétez juste une fois…

— Inconnu

Tabac

L'Armoire est l’ard de dire l'art. La piscine a pissé sur Passy. Le tabouret est tabac comme tableau. Le poireau est poil à poêle. L'herbe est hermétique à Erblay. La chaise en chêne est chère. La pendule pantalon pend du paon. La souris soutane sourit sous la table. La photographie folliculaire est folâtre. Le tapis tapisse la pisse du tapir lazuli. La glycine a glissé dans la glycérine.

— Francis Picabia (1879-1953)

Un drôle de poète

Il va de ci, de là, pareil à la feuille morte, Juste complètement inconnu, imprévisible, Erratique et poétique, Insaisissable, roulant comme une pierre vers l’échec ou le bonheur, On le croit dans les nuages et au ras des pâquerettes parfois, Le nez perdu à débusquer le trèfle à quatre feuilles, Une rose est tatouée à même sa peau de cuir Quand il parle british, Il ne tourne pas rond, c’est sûr, N'est pas vraiment carré. Ben oui vous l’avez deviné ! Mais non bande de poètes, Il est en dehors du cercle, C’est le ballon… De rugby !

— Gilles Simon
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