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Éternels Éclairs
Poésie Peinture

Poète, poèmes et poésie du XXI ème siècle



Anthologie de Stéphen Moysan




Egon schiele : Quatre arbres






Mise à jour fin février 2019




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Balade aérienne


Automne
Le bruit des couleurs
Sous la pluie.

Comme il est étonnant
Celui qui dans ce monde
Ne s’émerveille pas.

Aussi, avec légèreté,
À travers les flaques,
Marcher sur les nuages.

Stéphen Moysan
Entre deux solstices


Comme de formidables éclairs
Qui à la vitesse de la lumière
Fendent l’air dans l’obscurité,
Notre amour a folle intensité.

Mais il dure et c’est mystère,
Et jamais ne gronde sa colère,
C’est alchimie d’un feu sacré
Qui fait nos cœurs enflammés.

Stéphen Moysan
L'efflorescence d'un adieu

Début de l’été


Fatigués du métro
Ils s’entassent
Sur la plage.

Le chant des sirènes
N’attire
Que des naufragés.

Une foule allongée
En code barre
Le prix des vacances.

Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

Des mots sur les maux


Il y a les mal aimés, les mal-logés,
Les mal lunés, les mal intentionnés,
Les malfaisants, les mal partis,
Ou les mal barrés, et les mal venus,
Mais également : les mal-en-point,

Les malgré nous, les malgré moi,
Les fleurs du mal, ce mal nécessaire,
Un grand mal-être, le mal du pays,
J’ai mal au cœur, sans malentendu,
Je ne veux pas que ça finisse mal.

Stéphen Moysan
Les cris de la mélancolie

Le grand cafard


Tic-Tac l’horloge
Plic-Ploc la pluie
Clic-clac mon lit
Je suis une loque
Et je m’allonge.

Aussi quel choc
Et même je craque
Je pleure l’époque
Les jours patraques
Plus rien ne va.

Stéphen Moysan
Les cris de la mélancolie

Le soleil


À trop le regarder
On plonge
Dans l’obscurité.

À lui tourner le dos
On fait face
À son ombre.

Il est pourtant
Sans côté sombre
Le soleil.

Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

Leçon du maître


S’armer de patience
Pour finir conquis
Par la paix intérieure.

Au chant des oiseaux
S’entrainer au paradis
À contempler des fleurs.

Elle fait fi des soucis
La sagesse de l’esprit
D’être fou de bonheur.

Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

Les reflets


Comme un reflet
Dans les yeux du pêcheur
La couleur de la mer,

En cette fin de soirée,
Il a offert à son fils
Le meilleur anniversaire,

Heureux de l’avoir attrapée
Dans son seau d’eau
L’enfant repart avec la lune.

Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

Perséides


Un vent léger,
Tard le soir,
La danse des ombres.

En regardant le ciel
Je ne sais plus
Pourquoi j’étais en colère.

Nuit des étoiles filantes -
Moi aussi, sur Terre,
Je ne suis que de passage.

Stéphen Moysan
Entre deux solstices

Plénitude


Faire le vide en soi -
Puis laisser le bien-être
Envahir notre esprit.

Plus d’envie d’ailleurs,
Plus de passé ou futur,
- Ici et maintenant !

Profiter de l’instant
Pendant des heures
Le temps du bonheur.

Stéphen Moysan
J'écris mes silences

Poème Japonais


Soir d’automne -
Il est un bonheur aussi
Dans la solitude.

De temps en temps
Les nuages nous reposent
De tant regarder la lune.

Rien qui m’appartienne
Sinon la paix du cœur
Et la fraicheur de l’air.


Buson - Basho - Issa

Composition : Stéphen Moysan ©

Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

Poésie urbaine


Paris, fierté de la nation,
Un million d’appartements,
Trop peu pour les pauvres.

Les temps sont tristes -
Dans le gobelet du mendiant
Plus de pluie que de pièces.

Malheureusement en hiver
Nous manquons de chaleur,
Même les cœurs sont froids.

Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

S’il vous plait


Ciel d’automne -
La pluie a
Le gout des nuages.

Mort de faim de vivre
Jusqu’à l’ivresse
J’ai soif d’autre chose.

Donnez-moi à boire
Ce qui réchauffe le cœur :
Des mots d’amour.

Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

Temps calme


Parti très loin
Dans mes pensées
Je me suis perdu.

À le suivre des yeux
Un papillon me ramène
À moi même.

Au bord du lac,
Pêcher plus de silence
Que de poissons.

Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

Triste constat


À fuir le malheur
On peut faire
Le tour du monde.

À mettre nos crimes
Bout à bout
On mesure les ténèbres.

Même à reculons
Ceux qui vivent
Avancent vers la mort.

Stéphen Moysan
En route vers l'horizon

Un sourire qui interpelle


Un matelas dans la rue,
L’ignorance des passants,
Trop peu pour vivre.

Le vieux sans abri -
Même un épouvantail
Est mieux habillé.

Alors comment fait-il
Celui qui est sans-dent
Pour continuer à sourire ?

Stéphen Moysan
J'écris mes silences



Merci à vous d'être venu(e) lire
Le Florilège de Poèmes de Stéphen Moysan
sur les Éternels Éclairs.



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