Éternels Éclairs

Elle est le secret du bonheur, Et son secret est le courage, On en prend conscience dans l’angoisse, Elle commence où l’ignorance finit. Droit de chacun qui se limite au respect de l’autre, Qui en prive l’homme est prisonnier de la haine Des préjugés et de l’étroitesse d’esprit, La liberté c'est de savoir danser avec ses chaines.

1-2 Thucydide : Le secret du bonheur c'est la liberté, et le secret de la liberté c'est le courage.
3 Sartre : C'est dans l'angoisse que l'homme prend conscience de sa liberté.
4 Victor Hugo : la liberté commence où l’ignorance finit.
5 Nacira Boukli-Hacene : La liberté c'est le droit de chacun, mais elle se limite au respect de l'autre.
6-7 Nelson Mandela : Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit.
8 Nietzche
— Stéphen Moysan

Far-niente

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage, J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis, Loin des chemins poudreux, à demeurer assis Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse, Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse. Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi, Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe, Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe, La chenille traînant ses anneaux veloutés, La limace baveuse aux sillons argentés, Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole. Ensuite je regarde, amusement frivole, La lumière brisant dans chacun de mes cils, Palissade opposée à ses rayons subtils, Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ; Et lorsque je suis las je me laisse endormir, Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir, Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette, Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.

— Théophile Gautier (1811-1872)
Premières Poésies

L’habitude

L’habitude est une étrangère Qui supplante en nous la raison : C’est une ancienne ménagère Qui s’installe dans la maison. Elle est discrète, humble, fidèle, Familière avec tous les coins ; On ne s’occupe jamais d’elle, Car elle a d’invisibles soins : Elle conduit les pieds de l’homme, Sait le chemin qu’il eût choisi, Connaît son but sans qu’il le nomme, Et lui dit tout bas : « Par ici. » Travaillant pour nous en silence, D’un geste sûr, toujours pareil, Elle a l’œil de la vigilance, Les lèvres douces du sommeil. Mais imprudent qui s’abandonne À son joug une fois porté ! Cette vieille au pas monotone Endort la jeune liberté ; Et tous ceux que sa force obscure A gagnés insensiblement Sont des hommes par la figure, Des choses par le mouvement.

— Sully Prudhomme (1839-1907)
Stances Et Poèmes

L’homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer ! La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme Dans le déroulement infini de sa lame, Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. Tu te plais à plonger au sein de ton image ; Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur Se distrait quelquefois de sa propre rumeur Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage. Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets : Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ; Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes, Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets ! Et cependant voilà des siècles innombrables Que vous vous combattez sans pitié ni remord, Tellement vous aimez le carnage et la mort, Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

— Charles Baudelaire (1821-1867)
Les Fleurs du Mal

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige J’écris ton nom Sur toutes les pages lues Sur toutes les pages blanches Pierre sang papier ou cendre J’écris ton nom Sur les images dorées Sur les armes des guerriers Sur la couronne des rois J’écris ton nom Sur la jungle et le désert Sur les nids sur les genêts Sur l’écho de mon enfance J’écris ton nom Sur les merveilles des nuits Sur le pain blanc des journées Sur les saisons fiancées J’écris ton nom Sur tous mes chiffons d’azur Sur l’étang soleil moisi Sur le lac lune vivante J’écris ton nom Sur les champs sur l’horizon Sur les ailes des oiseaux Et sur le moulin des ombres J’écris ton nom Sur chaque bouffée d’aurore Sur la mer sur les bateaux Sur la montagne démente J’écris ton nom Sur la mousse des nuages Sur les sueurs de l’orage Sur la pluie épaisse et fade J’écris ton nom Sur les formes scintillantes Sur les cloches des couleurs Sur la vérité physique J’écris ton nom Sur les sentiers éveillés Sur les routes déployées Sur les places qui débordent J’écris ton nom Sur la lampe qui s’allume Sur la lampe qui s’éteint Sur mes maisons réunies J’écris ton nom Sur le fruit coupé en deux Du miroir et de ma chambre Sur mon lit coquille vide J’écris ton nom Sur mon chien gourmand et tendre Sur ses oreilles dressées Sur sa patte maladroite J’écris ton nom Sur le tremplin de ma porte Sur les objets familiers Sur le flot du feu béni J’écris ton nom Sur toute chair accordée Sur le front de mes amis Sur chaque main qui se tend J’écris ton nom Sur la vitre des surprises Sur les lèvres attentives Bien au-dessus du silence J’écris ton nom Sur mes refuges détruits Sur mes phares écroulés Sur les murs de mon ennui J’écris ton nom Sur l’absence sans désir Sur la solitude nue Sur les marches de la mort J’écris ton nom Sur la santé revenue Sur le risque disparu Sur l’espoir sans souvenir J’écris ton nom Et par le pouvoir d’un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer Liberté.

— Paul Eluard (1895-1952)
Au rendez-vous allemand

Liberté

Tu existes pour agir Devant toi les champs libres Tu es faite Pour te dégager De tout enfermement Tu as nom Liberté !

— Andrée Chedid (1920-2011)
Inédit pour le Printemps des Poètes

Liberté

Ton nom peu importe Dame-des-Douleurs dans l'absence torride se dénudant à l'aube incorruptible fulgurante comme le sein impétueux de l'aimée Peu importe ton nom terre où vivre après le déluge du sang insomniaque phénix migrateur éparpillant les cendres de la mort lente sur les champs magnétiques du souvenir Ton nom peu importe si tu es dégel d'aurores boréales dans le rêve prémonitoire du prisonnier rebelle si tu es cascade de fraîcheur dans le désert des nuits claquemurées Dame-des-Douleurs Terre Phénix migrateur pour toi relever la tête face à la courbe de l'horizon restitué pour saluer ta résurrection secrète

— Abdellatif Laâbi (né en 1942)
Recueil non renseigné

Ô naturel désir

Ô naturel désir pour l’homme être roi On est revêtu de la carte de son royaume Les fleuves sont des épingles d’acier semblables à tes veines où roule l’onde trompeuse de tes yeux Le cratère d’un volcan qui sommeille mais n’est pas éteint C’est ton sexe brun et plissé comme une rose sèche Et les pieds dans la mer je fornique un golfe heureux C’est ainsi que je l’aime la liberté Et je veux qu’elle seule soit la loi des autres Mais je suis l’ennemi des autres libertés

— Guillaume Apollinaire (1880-1918)
Poèmes à Lou

Rages de Césars

L’homme pâle, le long des pelouses fleuries, Chemine, en habit noir, et le cigare aux dents : L’Homme pâle repense aux fleurs des Tuileries – Et parfois son œil terne a des regards ardents… Car l’Empereur est soûl de ses vingt ans d’orgie ! Il s’était dit : « Je vais souffler la liberté Bien délicatement, ainsi qu’une bougie ! » La liberté revit ! Il se sent éreinté ! Il est pris. – Oh ! quel nom sur ses lèvres muettes Tressaille ? Quel regret implacable le mord ? On ne le saura pas. L’Empereur a l’œil mort. Il repense peut-être au Compère en lunettes… – Et regarde filer de son cigare en feu, Comme aux soirs de Saint-Cloud, un fin nuage bleu.

— Arthur Rimbaud (1854-1891)
Poésies

Travail bienheureux

Je choisis la marche en arrière pour arriver au sommet de mes pensées. Pour ce moment de liberté, Je grimperais trois fois, et chaque fois d’un différent coté. Je n’ai besoin de luxes pour me sentir satisfaite. Seulement le travail que je dois faire dans ma tête me donne des espoirs. Et qu’importe la sueur pour comprendre que j’existe dans ce monde éphémère. je n’ai pas besoin de gloire, aucune jalousie, tout est possible dans mon esprit libre. L’union humaine est une merveille, avec du travail devient le miel de l’abeille.

— Chloe Douglas
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