Biographie de Guillaume Apollinaire (1880-1918)
Guillaume Apollinaire - Le résumé de sa vie
Né le 26 août 1880 à Rome, Apollinaire est issu d'une famille liée par sa mère à la noblesse polonaise.
Son père est un officier italien. Installé à Monaco dès 1897, Apollinaire est inscrit aux lycées de Cannes
et de Nice. La même année, il compose déjà ses premiers poèmes. Deux ans plus tard, en 1899, il propose
ses premiers écrits à quelques revues, qui refusent de les publier. 1901 est une année tournant
pour le jeune homme, qui part en Allemagne pour y être précepteur au sein d'une famille. Là, il découvre
notamment les paysages et les légendes de la Rhénanie, tout en tombant amoureux d'Annie Playden,
une gouvernante anglaise. En 1902, Apollinaire revient en France et publie l'Hérésiaque.
Pour la première fois, il signe du nom que l'on lui donne aujourd'hui. De 1905 à 1907, il exerce
différents emplois dans la bourse, tout en publiant plusieurs écrits. 1907 est l'année de sa rencontre avec
la peintre Marie Laurencin, autre muse pour son œuvre. A la même époque, Apollinaire fréquente Picasso,
le Douanier Rousseau ... et devient journaliste, poète, critique d'art et conférencier. Toutefois,
il fait un court séjour en prison en 1911 pour une affaire de complicité de vol. En 1913, Apollinaire
publie Alcools, recueil majeur qui réunit son œuvre poétique depuis 1898. En 1914, il parvient
à s'enrôler comme artilleur dans l'armée française. L'année suivante, il rencontre Madeleine Pagès
dans un train et se fiance un peu plus tard avec elle. A cette époque paraît le Poète assassiné.
1916 est une année éprouvante pour Apollinaire, car blessé par un éclat d'obus au niveau de la tête,
il rompt ses fiançailles. Affaibli par sa blessure, il doit être trépané puis suivre une longue
convalescence. L'année 1917 voit la publication du recueil Les Mamelles de Tirésias et
l'achèvement de La Femme assise, et Calligrammes paraît l'année suivante.
Le 2 mai 1917, il épouse Jacqueline Kolb ; toutefois, Apollinaire succombe le 9 novembre 1918
de la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Guillaume Apollinaire : Présentation et jeunesse
Guillaume Apollinaire : De son vrai nom Wilhelm Albert Wlodzimierz
Apolinary de Waz-Kostrowicki, Poète naturalisé français, né polonais le 26 août 1880
à Rome et mort le 9 novembre 1918 à Paris.
C'est l'un des plus grands poètes français du début du XXe siècle, auteur notamment du
Pont Mirabeau. Il écrit également des nouvelles et des romans érotiques. Il pratique
le calligramme (terme de son invention désignant ses poèmes écrits en forme de dessins et
non de forme classiques en vers et strophes) et est le chantre de toutes les avant-gardes
artistiques, notamment le cubisme, poète et théoricien de l'Esprit nouveau, et
précurseur du surréalisme dont il a forgé le nom.
Sa mère, Angelika Kostrowicka, est issue de la noblesse polonaise, et son père est un officier
italien, Francesco Flugi d'Aspermonte. Arrivé à Monaco en 1897, Guillaume est inscrit aux
lycées de Cannes et de Nice. En 1899, il passe l'été dans la petite bourgade wallonne de
Stavelot, un séjour quitté à « la cloche de bois » : ne pouvant payer la note de l'hôtel, Wilhelm
et son demi-frère Alberto Eugenio Giovanni doivent quitter la ville en secret et à l'aube.
L'épisode wallon féconde durablement son imagination et sa création. Ainsi, de cette époque,
date le souvenir des danses festives de cette contrée « C'est la maclotte qui sautille ... » dans
Marie, celui des Hautes Fagnes, ainsi que l'emprunt au dialecte wallon.
Guillaume Apollinaire : L'avant guerre
En 1901 et 1902, il est précepteur dans une famille allemande. Il tombe amoureux de la
gouvernante anglaise Annie Playden, qui ne cesse de l'éconduire. C'est la période « rhénane »
dont ses recueils portent la trace (La Lorelei, Schinderhannes). De retour à Paris en
août 1902, il garde le contact avec Annie et se rend auprès d'elle à deux reprises. Mais en
1905, elle part pour l'Amérique. Le poète célèbre sa relation avec Annie et la douleur de la
rupture dans de nombreux poèmes, dont Annie et La Chanson du mal-aimé.
Entre 1902 et 1907, il travaille pour divers organismes boursiers et commence à publier
contes et poèmes dans des revues. En 1907, il rencontre l'artiste peintre Marie Laurencin, avec
laquelle il entretient une relation chaotique et orageuse. C'est à la même époque qu'il décide
de vivre de sa plume. Il se lie d'amitié avec Pablo Picasso, André Derain, Edmond-Marie
Poullain, Maurice de Vlaminck et le Douanier Rousseau, se fait un nom de poète, de
journaliste, de conférencier et de critique d'art. En septembre 1911, accusé de complicité de
vol parce qu'une de ses relations a dérobé des statuettes au Louvre, il est emprisonné durant
une semaine à la prison de la Santé ; cette expérience le marque. En 1913, il publie
Alcools, somme de son travail poétique depuis 1898.
Guillaume Apollinaire : Pendant la guerre
Il tente de s'engager dans l'armée française en août 1914, mais le conseil de révision ajourne
sa demande car il n'a pas la nationalité française. Sa seconde demande en décembre 1914 est
acceptée, ce qui déclenche sa procédure de naturalisation. Peu avant de s'engager, il tombe
amoureux de Louise de Coligny-Châtillon, rencontrée à Nice en septembre 1914, qu'il
surnomme Lou. Elle est divorcée et mène une vie très libre. Guillaume Apollinaire s'éprend
d'elle et lui fait la cour. Elle finit par accepter ses avances mais ne lui dissimule pas son
attachement pour un homme qu'elle surnomme Toutou. Rapidement, Guillaume doit partir au
front. Une correspondance, d'une poésie remarquable, naît de leur relation.
Sa lettre déclaration d'amour, datée du 28 septembre 1914, commence en ces termes : « Vous
ayant dit ce matin que je vous aimais, ma voisine d'hier soir, j'éprouve maintenant moins de
gêne à vous l'écrire. Je l'avais déjà senti dès ce déjeuner dans le vieux Nice où vos grands et
beaux yeux de biche m'avaient tant troublé que je m'en étais allé aussi tôt que possible afin
d'éviter le vertige qu'ils me donnaient. »
Mais la jeune femme ne l'aimera jamais, ou du moins, pas comme il l'aurait voulu ; ils
rompent en mars 1915 en se promettant de rester amis. Le 2 janvier 1915, il fait connaissance
de Madeleine Pagès dans un train. Il part avec le 38e régiment d'artillerie de campagne pour le
front de Champagne en avril 1915. Malgré les vicissitudes de la vie en guerre, il écrit dès qu'il
le peut pour tenir et rester poète ( Case d'Armons, et une abondante correspondance
avec Lou, Madeleine et ses nombreux amis). Il se fiance à Madeleine en août 1915. Transféré
sur sa demande au 96e régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant en
novembre 1915, il est naturalisé français le 9 mars 1916. Il est blessé à la tempe par un éclat
d'obus le 17 mars 1916, alors qu'il lit le Mercure de France dans sa tranchée. Évacué
à Paris, il est trépané le 10 mai 1916. Après une longue convalescence, il se remet
progressivement au travail, fait jouer sa pièce Les Mamelles de Tirésias (sous-titrée
drame surréaliste) en juin 1917 et publie Calligrammes en 1918. Il épouse Jacqueline
(la « jolie rousse » du poème), à qui l'on doit de nombreuses publications posthumes.
Affaibli par sa blessure, Guillaume Apollinaire meurt le 9 novembre 1918 de la grippe
espagnole. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris alors que, dans les rues, les
Parisiens célèbrent la fin de la guerre.
Guillaume Apollinaire - Regard sur l'Oeuvre
Influencé par la poésie symboliste dans sa jeunesse, admiré de son vivant par les jeunes
poètes qui formèrent plus tard le noyau du groupe surréaliste (Breton, Aragon, Soupault.
Apollinaire est l'inventeur du terme « surréalisme »), il révéla très tôt une originalité qui
l'affranchit de toute influence d'école et qui fit de lui un des précurseurs de la révolution
littéraire de la première moitié du XXe siècle. Son art n’est basé sur aucune théorie mais sur
un principe simple : l’acte de créer doit venir de l’imagination, de l’intuition car il doit se
rapprocher le plus de la vie, de la nature. Cette dernière est pour lui « une source pure à
laquelle on peut boire sans crainte de s’empoisonner ». Mais l’artiste ne doit pas l’imiter, il
doit la faire apparaître selon son propre point de vue, de cette façon, Apollinaire parle d’un
nouveau lyrisme. L’art doit alors s’affranchir de la réflexion pour pouvoir être poétique. « Je
suis partisan acharné d’exclure l’intervention de l’intelligence, c’est-à-dire de la philosophie
et de la logique dans les manifestations de l’art. L’art doit avoir pour fondement la sincérité de
l’émotion et la spontanéité de l’expression : l’une et l’autre sont en relation directe avec la vie
qu’elles s’efforcent de magnifier esthétiquement » dit Apollinaire. L’œuvre artistique est
fausse en ceci qu'elle n'imite pas la nature, mais elle est douée d'une réalité propre, qui fait sa
vérité.
Apollinaire se caractérise par un jeu subtil entre modernité et tradition. Il ne s’agit pas pour lui
de se tourner vers le passé ou vers le futur mais de suivre le mouvement du temps. « On ne
peut transporter partout avec soi le cadavre de son père, on l’abandonne en compagnie des
autres morts. Et l’on se souvient, on le regrette, on en parle avec admiration. Et si on devient
père, il ne faut pas s’attendre à ce qu’un de nos enfants veuille se doubler pour la vie de notre
cadavre. Mais nos pieds ne se détachent qu’en vain du sol qui contient les morts ».
C’est ainsi que le calligramme substitue la linéarité à la simultanéité et constitue une création
poétique visuelle qui unit la singularité du geste d'écriture à la reproductibilité de la page
imprimée. Apollinaire prône un renouvellement formel constant (vers libre, monostiche,
création lexicale, syncrétisme mythologique). Enfin, la poésie et l’art en général sont un
moyen pour l’artiste de communiquer son expérience aux autres. C’est ainsi qu’en cherchant à
exprimer ce qui lui est particulier, il réussit à accéder à l’universel. Enfin, Apollinaire rêve de
former un mouvement poétique global, sans écoles, celui du début de XXe siècle, période de
renouveau pour les arts et l'écriture, avec l'émergence du cubisme dans les années 1910, du
futurisme italien en 1909 et du dadaïsme en 1916. Apollinaire entretient des liens d'amitié
avec nombre d'artistes et les soutient dans leur parcours artistique.
Son poème Zone a influencé le poète italien contemporain Carlo Bordini et le courant
dit de Poésie narrative.
Biographie Wikipédia.
Présentée par Stéphen Moysan.