Éternels Éclairs

L'Efflorescence d'un adieu (3/3) :
Quelques traces éparses
Stéphen Moysan

Avant 2008

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Enlacer le ciel, Attraper un nuage, Mouiller la lumière, Déchaîner un orage, Enflammer la pluie, Caresser un éclair, Illuminer la nuit, Agrandir l’infini, Faire de ses rêves Une folle alchimie.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

J’étais aveugle dans le noir Quand ton être m’a fait voir La lumière que le coeur loue Fille du feu de l’amour fou. Tu enflammes mes espoirs Bel ange en qui j’ose croire Même la nuit tu éclaires tout Tu rendrais le soleil jaloux.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Loin des coeurs lourds Et des esprits sourds Aux chants de l’aurore Demeure ce vrai trésor. J’ai caché ton amour Dans le lever du jour, Et libre de son essor Comme il brille fort !

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Un jour, je saurai parler La belle langue des purs, Celle qui ne dit que vérité, Celle qui vole dans l’azur, Pour elle j’ai tout sacrifié Sans en avoir le coeur dur ! Ami, j’ai cessé de pleurer En voyant rire mon futur.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Les signes parlent muet Quand porte la voix des sourds Nul n’entend leurs secrets Ce sont des bruits qui courent Sous les regards inquiets Les anges sont à l’écoute Du doute de celui qui sait Assurément faire fausse route En des mirages d’évidence.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

D’un sperme étoilé La voûte s’est constellée Adultères autant que de soeurs Dans la voie lactée La lune a la rondeur D’une mamelle sèche Son père soleil est une mère chaleur Il l’a allaitée au lait de sa crèche !

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

En fureur noire Son cheval blanc Fend le brouillard Tel coup de vent, À très vive allure J’ai vu s’agripper Sur cette monture L’errant chevalier, Vers où partait-il ? Nul ne le saurait ! Fantôme de l’exil Le regret du secret, Il chevauche si loin Espion des vertiges Que début sans fin La brume l’oblige.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Quand pris par les tourments De leurs trajectoires ignorées En tendant au ciel un cadran Ils ne visent que la Destinée : Les grands princes des mers Braves pionniers d’horizons Naviguent au large des terres Vers de nouvelles directions. Tandis que d’autres s’égarent À se chercher en s’enfuyant Et que tenter pour la plupart De ne pas tenter, c’est tentant ! Ces capitaines de la bohème Dont l’ambition fera le renom Tiennent cap vers eux même Pour rejoindre ceux qu’ils sont.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Le défi du feu !! C’est un rite sorcier du bout du monde, Intronisé au centre d’une foule en ronde, Quand une tribu se retrouve sans audace, Et que son chaman exorcise sur place : Le défi du feu !! C’est roulements de tambours aux tam-tams, Des mouvements de ventres qu’on acclame, Des breuvages herbeux aux effets fulgurants, Dans une atmosphère saupoudrée d’encens : Le défi du feu !! C’est la célébration d’un vaillant africain, D’un sauveur n’ignorant point le chagrin, Ni la révolte – ni les infâmes soumissions, Qui avec forces ont exhorté sa rébellion : Le défi du feu !! C’est une épreuve où se révèle la bravoure, Un compte à rebours amorcé sans détours, Un challenge à relever aux charbons ardents, Que nus pieds les noirs traversent indolents : Le défi du feu !!

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

L’homme à la larme de sang sur la joue Transpire le millénaire en sa mouvance, Quand un vampire, Monstrueux voyou ! Le guette invisiblement avec insistance. La bête des ténèbres rôde aux alentours, Elle salive de l’hémoglobine à l’avance ; À l’évidence le sauvage édenté savoure, Sa future victime se déplaçant à distance. La chair est nourriture pour le carnivore, Fatalement alléché par la rouge senteur, Vorace – Le croc mord blanc de remords, La proie périt à l’ombre de son prédateur. Aussi : La pitié au défunt se montre clandestine, Lorsque l’instinct dépasse la conscience, La survie d’un crève la faim est assassine, Rien ne contrôle des ventres sans pitance.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Elle ne se préserve que par mes nuits Où mes rêves se consacrent à l’envie D’une attitude béate devant la pieuse Admiration de la beauté langoureuse. Qu’elle semble naturellement impolie, Charmeuse et en conséquence si jolie, Il suffit de la regarder pour être épris, Comme un amant qui sera reconduit. Je ne puis l’accueillir dans mes bras, Mes yeux ne pleurez plus pour cela ! Toujours éphémère, elle s’en repart Sans prévenir ni même dire au revoir. Mais qu’ai-je dit pour si peu mériter, Quand sans elle tout reste à prouver, J’ai pendu l’espérance de son retour, Coutumier des horreurs en plein jour. Je me meurs de : la volonté de vivre !

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Sous ce ciel de plomb Mon silence sera d’or Pour payer les démons Qui me hantent encore. Si vivre a ses raisons De vouloir fuir la mort Que le chemin est long Sans un espoir d’essor. Mes rêves à l’abandon Je mets fin à mon sort Par les feux du poison Mon avenir s’évapore. J’ai des hauts horizons Le vertige d’un remord Accordez-moi le pardon Nécessaire à mes torts.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Premiers poèmes

Ô ma mère, Cœur ouvert aux longues confidences Qui jamais ne se suivirent de cris en remontrances, Par la plus douce des chaleurs déployées sur Terre, Tu évaporais mes pleurs, ainsi que mes mystères. En plissant un sourire jusqu’au coin de ces lèvres, Qui baisaient mon front comme à effacer la fièvre, Tu m’emmitouflais contre ton affectueuse poitrine, Et de tes qualités cela n’était point la seule vitrine. Que ne t’aurais-je écrit dans une époque heureuse, Peut-être un recueil de bonheur sans ange pleurant, Ou bien une de mes béates attentions langoureuses, Comme un câlin disant merci de m’avoir aimé tant. Ô ma mère, Cœur ouvert aux longues confidences, Puisqu’à ton égard, je me devine encore trop fade Afin de te remercier honorablement de ma chance, À mon tour, Je te couvrirai de milles embrassades.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Compagnon d’incertitude, courage ! Notre attache à l’Art est un ouvrage Digne des plus hautes tours édifiées Par d’ancestrales et divines pensées. Illuminés des essors vers la montée Où la verticale distingue un horizon, Afin d'approcher les voûtes azurées, Agrippons nos intentions d’élévation. Alors il nous sera possible de flotter Sur le dos des nuages à fleur de peau, Par l’effluve de dépressions dissipées, Ensoleillant tous les méritants travaux. Courage ! Compagnon d’incertitude, De toi dépend notre sort et sa finitude, Si lâche il advenait que tu te relâches, Tu échapperais la ficelle Qui au ciel nous harnache !

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Elle s’accompagne de chars et d’armées, Régissant le contrôle de chaque individu, Certains la concevaient mère de la liberté, D’autres l’ont motus et bouches cousues. Quand son secret gardé est de tous connu, Sous loi du silence elle dresse les barbelés, En murs grillagés subdivisant les avenues, Cerclées de soldats, sensés nous protéger ! Tandis que nos dirigeants l’ont par autorité, Comme si cela ne flattait pas un contresens, La clémence à ce titre s’est vue séquestrée, Avec elle s'escorte maintenant la sentence : La paix défendue est une chimère de la guerre, Qui faible de notre intolérance a été baptisée, Afin que des lignes frontalières se régénèrent, Les létales ambitions du pouvoir à perdurer.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Par des ‘je vous salue Marie’ De leurs consciences aigries Les gens - bien à la confesse - Passent le temps qui presse. Ils nous mentent ces gens là Avec leur pari sur l’Au-delà Quand la foi juste au cas où Les lavera fidèles à genoux. Se différenciant des impies Qui jamais au sol ne prient Les hommes de bon choix Portent le poids de la croix. Ainsi tous pêchés nettoyés Ils pourront recommencer Tel un cycle de l’Histoire À exécuter l’avenir en noir. Le temps qui passe – presse Les gens biens à la confesse De leurs consciences aigries Par des ‘je vous salue Marie’.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses

Exister - c’est tout - Voilà notre angoisse ! Si la mort n’est rien : un rien nous terrasse. Dés le début notre fin, c’est l’ultime menace, Elle vous prendra tout, soyez-en donc assurés, Vous qui avez si peu, à donner sans compter, Vous perdrez moins, à voir la vie en face.

— Stéphen Moysan,
Quelques traces éparses
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