Et belle, en souveraine, elle entrait dans la fête.

Je l’y suivais bientôt. Sur un signe connu,
Parmi les mendiants que sa malice affame,
Je m’avançais vers elle et, modeste, ingénu :

" Vous m’avez accordé cette valse, madame ? "
J’avais l’air de prier n’importe quelle femme,
Elle me disait : " Oui, " comme au premier venu.
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Poésie Peinture

Invitation à la valse


C’était une amitié simple et pourtant secrète :
J’avais sur sa parure un fraternel pouvoir,
Et quand au seuil d’un bal nous nous trouvions le soir,
J’aimais à l’arrêter devant moi tout prête.

Elle abattait sa jupe en renversant la tête,
Et consultait mes yeux comme un dernier miroir,
Puis elle me glissait un furtif : " au revoir ! "
Et belle, en souveraine, elle entrait dans la fête.

Je l’y suivais bientôt. Sur un signe connu,
Parmi les mendiants que sa malice affame,
Je m’avançais vers elle et, modeste, ingénu :

" Vous m’avez accordé cette valse, madame ? "
J’avais l’air de prier n’importe quelle femme,
Elle me disait : " Oui, " comme au premier venu.


Sully Prudhomme
Les vaines tendresses



Autres pages concernant ce poète : Les Oeuvres de A à Z - Le Florilège de poèmes - La Biographie






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« Invitation à la valse » de Sully Prudhomme
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