La fleur qu’elle a prise en riant ! "

Mais les portes demeuraient closes.
Une à la fin pourtant s’ouvrit :
" Ah ! Viens, dit en montrant des roses
Une vierge qui lui sourit ;

" Je n’ai rien pris pour ma parure ;
Mais sauvant le dernier rameau,
Vois ! J’en ai fait cette bouture,
Pour te le rendre un jour plus beau. "
..." />



Merci à vous de visiter ce site




Pour nous aider
et/ou pour le plaisir,
acheter ce recueil
de Stéphen Moysan



Pour nous aider
et/ou pour le plaisir,
acheter ce recueil
de Stéphen Moysan




Éternels Éclairs
Poésie Peinture

La bouture


Au temps où les plaines sont vertes,
Où le ciel dore les chemins,
Où la grâce des fleurs ouvertes
Tente les lèvres et les mains,

Au mois de mai, sur sa fenêtre,
Un jeune homme avait un rosier ;
Il y laissait les roses naître
Sans les voir ni s’en soucier ;

Et les femmes qui d’aventure
Passaient près du bel arbrisseau,
En se jouant, pour leur ceinture
Pillaient les fleurs du jouvenceau.

Sous leurs doigts, d’un précoce automne
Mourait l’arbuste dévasté ;
Il perdit toute sa couronne,
Et la fenêtre sa gaîté ;

Si bien qu’un jour, de porte en porte,
Le jeune homme frappa, criant :
" Qu’une de vous me la rapporte,
La fleur qu’elle a prise en riant ! "

Mais les portes demeuraient closes.
Une à la fin pourtant s’ouvrit :
" Ah ! Viens, dit en montrant des roses
Une vierge qui lui sourit ;

" Je n’ai rien pris pour ma parure ;
Mais sauvant le dernier rameau,
Vois ! J’en ai fait cette bouture,
Pour te le rendre un jour plus beau. "


Sully Prudhomme
Les solitudes



Autres pages concernant ce poète : Les Oeuvres de A à Z - Le Florilège de poèmes - La Biographie








Pour nous aider et/ou pour le plaisir,
acheter les livres de Stéphen Moysan




Merci à vous d'être venu(e) lire le poème
« La bouture » de Sully Prudhomme
sur les Éternels Éclairs.



« Éternels Éclairs : Sources de poésies »


Webdesigner : Mathieu Jacomy    -    Webmaster : Stéphen Moysan
Contact : stephen.moysan@gmail.com


Partenaires référencement