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Éternels Éclairs
Poésie Peinture

Toute la vie d'un coeur - 1820


Un coup de vent passa, souffle leste et charmant
Qui fit tourbillonner les jupes follement.
Je la savais ailée, étoilée, azurée,
Je l'adorais ; mon âme allait dans l'empyrée
À sa suite. Oh ! l'amour, c'est tout ; le reste est vain.
Je ne supposais pas que cet être divin
Qui m'emportait rêveur si loin de la matière,
Eût des jambes ; soudain je vis sa jarretière,
Et cela me choqua. - Quoi ! me dis-je, elle aussi !
Je la contemple, ému, tremblant, brûlant, transi,
Et je vois de la chair où j'adorais une âme !
Soit. Le songe est fini. Ce n'est donc qu'une femme
Qui marche sur la terre, et se retrousse au vent !

Et je fus amoureux bien plus qu'auparavant.


Victor Hugo
Toute la lyre



Autres pages concernant ce poète : Les Oeuvres de A à Z - Le Florilège de poèmes - La Biographie






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« Toute la vie d'un coeur - 1820 » de Victor Hugo
sur les Éternels Éclairs.



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