| Poésie | Peinture |
Né d'un père français et d'une mère américaine, le 22 avril 1840 à Bordeaux et mort le 6 juillet 1916 à Paris,
Bertrand-Jean Redon dit Odilon passe son enfance livré
à lui même dans le domaine familial de Peyrebade, aux frontières du Médoc et des Landes. Son inspiration,
ses mondes étranges et ses rêveries fantasmagoriques doivent beaucoup à l'ambiance de cette terre natale
pleine de clairs-obscurs et aux premières impressions de cette enfance fragile.
Initié au dessin dès 1855 par Stanislas Gorin, Redon, sur ses conseils, étudie les oeuvres de Corot,
Delacroix et Moreau. S'il nourrit quelques doutes quant à sa vocation, abandonnant ses études
d'architecture et de sculpture, sa rencontre en 1863 avec Rodolphe Bresdin sera décisive :
ce dernier l'initie aux techniques de la gravure, de la lithographie, et l’oriente par ses propos,
son œuvre et sa personnalité, vers un art libre, éloigné du naturalisme et des conventions officielles.
Il l'éveille aux ressources de la pensée et du rêve et l'invite “à surélever l'esprit dans la région
du mystère”. Les eaux-fortes, dessins à la mine de plomb et premiers fusains qu'il expose aux Salons
de Bordeaux témoignent de l'influence du maître et s'inscrivent dans une tradition romantique.
Sa carrière artistique est interrompue par la guerre franco-prussienne à laquelle il participe.
1870 marque une évolution, “celle de sa propre conscience”, écrira-t-il plus tard. Le thème du Prisonnier
est alors souvent décrit dans ses œuvres, apparaissant tantôt derrière les barreaux d'une fenêtre ou
isolé et solitaire dans sa cellule. Après-guerre, il s'installe dans le quartier Montparnasse et entame
alors la période féconde de ce qu'il nomma lui-même “ses Noirs”, ensemble de fusains et lithographies
qui constituent l'essentiel de sa production jusqu'en 1895. Lui, qui a découvert avec le botaniste Clavaud
et son microscope les mystères de l'infiniment petit, cherche à mettre “la logique du visible au service
de l'invisible” et tente d'exprimer en termes plastiques ses thèmes obsessionnels : hantise des origines,
vertige de l'absolu. Si nombre de ses œuvres firent scandale, Huysmans et Mallarmé comptent parmi ses
premiers fidèles.
Sa philosophie pessimiste évolue vers une vision plus heureuse. Il cherche dans la peinture et le pastel
de nouveaux moyens d'expression. Au cours des années 1890, Redon se fait grand coloriste et tente
une transposition colorée des thèmes des Noirs dans les peintures (Les Yeux clos) et dans les fusains
rehaussés de pastels (Vieil Ange). De cette période date également le remarquable ensemble de portraits
au pastel (Madame Arthur Fontaine, Jeanne Chaine, Violette Heymann) ainsi que les variations intensément
colorées sur des thèmes mythologiques (Naissance de Vénus, Pégase) ou religieux (Sacré-Cœur,
le Bouddha).
S'il fut longtemps isolé parmi ses contemporains, Redon est devenu le guide des générations suivantes.
Considéré par beaucoup comme le plus grand peintre symboliste français, Matisse et les surréalistes ont
ainsi vu en lui un précurseur.
* Bibliographie Wikipédia. Présentée par
Stéphen Moysan.