Mise en lumière avec rage
D’une violence démentielle
Entre les lignes de l’orage
Une sombre vérité se révèle :

Noir est le cœur des nuages
Pleurant des larmes du ciel
Lorsqu’ils vivent naufrage
Dans les courants éternels !

Stéphen Moysan




Éternels Éclairs

Poésie Peinture

Il y a longtemps

Vous me donniez le bras, nous causions seuls tous deux,
Et les coeurs de vingt ans se font signe bien vite ;
J'en suis encore ému, fille blonde aux yeux bleus ;
Mais vous souviendrez-vous de ma courte visite ?

Hélas ! se souvient on d'un souffle parasite
Qui n'a fait que passer pour baiser les cheveux,
Du flot où l'on se mire, et de la marguerite
Confidente éphémère où s'effeuillent les voeux ?

Une image en mon coeur peut périr effacée,
Mais non pas tout entière ; elle y devient pensée.
Je garde la douceur de vos traits disparus.

Que je me suis souvent éloigné, l'oeil humide,
Avec l'adieu glacé d'une vierge timide
Que je chéris toujours et ne reverrai plus !



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Sully Prudhomme
Stances Et Poèmes