Mise en lumière avec rage
D’une violence démentielle
Entre les lignes de l’orage
Une sombre vérité se révèle :

Noir est le cœur des nuages
Pleurant des larmes du ciel
Lorsqu’ils vivent naufrage
Dans les courants éternels !

Stéphen Moysan




Éternels Éclairs

Poésie Peinture

De loin

Du bonheur qu’ils rêvaient toujours pur et nouveau
Les couples exaucés ne jouissent qu’une heure.
Moins ému, leur baiser ne sourit ni ne pleure ;
Le nid de leur tendresse en devient le tombeau.

Puisque l’oeil assouvi se fatigue du beau,
Que la lèvre en jurant un long culte se leurre,
Que des printemps d’amour le lis, dès qu’on l’effleure,
Où vont les autres lis va lambeau par lambeau,

J’accepte le tourment de vivre éloigné d’elle.
Mon hommage muet, mais aussi plus fidèle,
D’aucune lassitude en mon coeur n’est puni ;

Posant sur sa beauté mon respect comme un voile,
Je l’aime sans désir, comme on aime une étoile,
Avec le sentiment qu’elle est à l’infini.



Retour Sommaire

Sully Prudhomme
Les solitudes