Mise en lumière avec rage
D’une violence démentielle
Entre les lignes de l’orage
Une sombre vérité se révèle :

Noir est le cœur des nuages
Pleurant des larmes du ciel
Lorsqu’ils vivent naufrage
Dans les courants éternels !

Stéphen Moysan




Éternels Éclairs

Poésie Peinture

Les Ailes

Grand ciel, tu m'es témoin que j'étais tout enfant
Quand par témérité j'ai demandé des ailes ;
Convoitant de si bas les voûtes éternelles,
Mes voeux n'altéraient pas ton calme triomphant.

Je me sentais mourir dans un air étouffant,
Ciel pur ! et j'aspirais à des saisons nouvelles ;
Et c'est ta faute aussi, puisque tu nous appelles
Par ton sublime azur, par l'oiseau qui le fend !

Maintenant qu'épuisé, vaincu, je te proclame
Trop vaste pour tenir tout entier dans mon âme,
Pourquoi te venges-tu d'impuissantes amours ?

Et quel jaloux archange aux gaîtés malfaisantes
M'a planté dans le dos ses deux ailes géantes
Qui palpitent sans cesse en m'accablant toujours ?



Retour Sommaire

Sully Prudhomme
Les Épreuves