Mise en lumière avec rage
D’une violence démentielle
Entre les lignes de l’orage
Une sombre vérité se révèle :

Noir est le cœur des nuages
Pleurant des larmes du ciel
Lorsqu’ils vivent naufrage
Dans les courants éternels !

Stéphen Moysan



Éternels Éclairs
Poésie Peinture

I


Sur la plage
Aux cris des mouettes
L’éveil du jour.

Les pinces du crabe
Découpent l’air
En éclats de soleil.

Dans chaque vague
Un peu de sable
Du temps qui s’écoule.

Stéphen Moysan
Vers Libres


II


Prendre son temps
Au petit déjeuner
Délice du matin.

Ne rien faire -
Mais patiemment
Le faire bien.

Toucher du doigt
Que le bonheur est
À portée de la main.

Stéphen Moysan
Vers Libres


III


Chaleur du matin
Le soleil a mis
Le feu aux nuages.

Au son des vagues
La bruyère éclabousse
De couleurs.

En échos à l’océan
Les accords du cœur
Font vibrer l’âme.

Stéphen Moysan
Vers Libres


IV


Longue marche
Sans que le ciel
Ne bouge.

Aller pieds nus
Sur les rochers
Un danger agréable.

Au bord de l’eau
Poussent des fleurs
Sur les maillots de bain.

Stéphen Moysan
Vers Libres


V


Fatigués du métro
Ils s’entassent
Sur la plage.

Le chant des sirènes
N’attire
Que des naufragés.

Une foule allongée
En code barre
Le prix des vacances.

Stéphen Moysan
Vers Libres


VI


Le long du quai -
Mer d’huile
Monochrome bleu.

- Le flotteur plonge
L’enfant aussi
Retient son souffle.

Au bout du fil
Les cris d’un poisson
Les yeux en larmes.

Stéphen Moysan
Vers Libres


VII


Messe de Midi
Au chant du clocher
Les ombres s’enterrent.

Place de l’église
Trop de monde
À la terrasse des cafés.

Brune, blonde ou rousse
- Il les aime toutes !
Le soiffard.

Stéphen Moysan
Vers Libres


VIII


D’humeur noire
Le voici faire
De l’humour fumant,

Il coule un bronze
Au pied du Christ
Qui reste de marbre,

Le vieux marin
Son âme rouillée
Par l’océan.

Stéphen Moysan
Vers Libres


IX


À trop le regarder
On plonge
Dans l’obscurité.

À lui tourner le dos
On fait face
À son ombre.

Il est pourtant
Sans coté sombre
Le soleil.

Stéphen Moysan
Vers Libres


X


Soleil rayonnant
Comme un crâne en feu
L’esprit du ciel.

Place du marché
Couverte de monde
Pourtant il fait chaud.

Mort de faim de vivre
Jusqu’à l’ivresse
J’ai soif d’autre chose.

Stéphen Moysan
Vers Libres


XI


S’armer de patience
Pour finir conquis
Par la paix intérieure.

Au chant des oiseaux -
S’entraîner au paradis
À contempler des fleurs.

Elle fait fi des soucis
La sagesse de l’esprit
D’être fou de bonheur.

Stéphen Moysan
Vers Libres


XII


Lourdeur du temps
Le poids d’acier
Du ciel bleu métal.

Être en sueur
Comme un poisson
Sorti de l’eau.

Dans l’herbe sèche
Lentement la limace lèche
L’ombre d’un nuage.

Stéphen Moysan
Vers Libres


XIII


Reflets d’écailles
Dans le grand bleu
Le bain du soleil.

Le long de la plage
Clôture barbelée
Du sable s’est évadé.

Épouvantails
En maillot de bain
Les vacanciers.

Stéphen Moysan
Vers Libres


XIV


À fuir le malheur
On peut faire
Le tour du monde.

À mettre nos crimes
Bout à bout
On mesure les ténèbres.

Même à reculons
Ceux qui vivent
Avancent vers la mort.

Stéphen Moysan
Vers Libres


XV


Dès le début
Vivre c’est être
Condamné à mort.

Aussi, chaque jour
Chercher Dieu
Et trouver son silence.

À trop bien parler
L’Eternel risque
D’être mal compris.

Stéphen Moysan
Vers Libres


XVI


Tendre la main
Qu’il n’a pas
Au mendiant.

Vivre de peu
Et le partager
Sans se plaindre.

Riches et célèbres
Ils ont tout
Mais ne se possèdent plus.

Stéphen Moysan
Vers Libres


XVII


Chemin de nuit
Que nul n’emprunte
Sauf les ombres.

Clef de l’angoisse :
Le grincement rouillé
D’un vieux portail.

Assassin en herbe
Piétinant la pelouse
Le voleur de fleur.

Stéphen Moysan
Vers Libres


XVIII


Flots d’émotions -
L’océan donne
Des vagues à l’âme.

Puisqu’il le faut
Le jour qui vient
Éteint les étoiles.

Elle n’a pas fermé
L’œil de la nuit
La Lune.

Stéphen Moysan
Vers Libres


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Vers Libres de Stéphen Moysan
sur les Éternels Éclairs.