Mise en lumière avec rage
D’une violence démentielle
Entre les lignes de l’orage
Une sombre vérité se révèle :

Noir est le cœur des nuages
Pleurant des larmes du ciel
Lorsqu’ils vivent naufrage
Dans les courants éternels !

Stéphen Moysan



Éternels Éclairs
Poésie Peinture

Enlacer le ciel,
Attraper un nuage,
Mouiller la lumière,
Déchaîner un orage,
Enflammer la pluie,
Caresser un éclair,
Illuminer la nuit,
Agrandir l’infini,
Faire de ses rêves
Une folle alchimie.

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

J’étais aveugle dans le noir
Quand ton être m’a fait voir
La lumière que le coeur loue
Fille du feu de l’amour fou.

Tu enflammes mes espoirs
Bel ange en qui j’ose croire
Même la nuit tu éclaires tout
Tu rendrais le soleil jaloux.

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

Loin des coeurs lourds
Et des esprits sourds
Aux chants de l’aurore
Demeure ce vrai trésor.

J’ai caché ton amour
Dans le lever du jour,
Et libre de son essor
Comme il brille fort !

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

Un jour, je saurai parler
La belle langue des purs,
Celle qui ne dit que vérité,
Celle qui vole dans l’azur,
Pour elle j’ai tout sacrifié
Sans en avoir le coeur dur !
Ami, j’ai cessé de pleurer
En voyant rire mon futur.

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

Les signes parlent muet
Quand porte la voix des sourds
Nul n’entend leurs secrets
Ce sont des bruits qui courent
Sous les regards inquiets
Les anges sont à l’écoute
Du doute de celui qui sait
Assurément faire fausse route
En des mirages d’évidence

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

D’un sperme étoilé
La voûte s’est constellée
Adultères autant que de soeurs
Dans la voie lactée
La lune a la rondeur
D’une mamelle sèche
Son père soleil est une mère chaleur
Il l’a allaitée au lait de sa crèche !

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

En fureur noire
Son cheval blanc
Fend le brouillard
Tel coup de vent,

À très vive allure
J’ai vu s’agripper
Sur cette monture
L’errant chevalier,

Vers où partait-il ?
Nul ne le saurait !
Fantôme de l’exil
Le regret du secret,

Il chevauche si loin
Espion des vertiges
Que début sans fin
La brume l’oblige.

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

Quand pris par les tourments
De leurs trajectoires ignorées
En tendant au ciel un cadran
Ils ne visent que la Destinée :

Les grands princes des mers
Braves pionniers d’horizons
Naviguent au large des terres
Vers de nouvelles directions.

Tandis que d’autres s’égarent
À se chercher en s’enfuyant
Et que tenter pour la plupart
De ne pas tenter, c’est tentant !

Ces capitaines de la bohème
Dont l’ambition fera le renom
Tiennent cap vers eux même
Pour rejoindre ceux qu’ils sont.

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

Le défi du feu !!

C’est un rite sorcier du bout du monde,
Intronisé au centre d’une foule en ronde,
Quand une tribu se retrouve sans audace,
Et que son chaman exorcise sur place :

Le défi du feu !!

C’est roulements de tambours aux tam-tams,
Des mouvements de ventres qu’on acclame,
Des breuvages herbeux aux effets fulgurants,
Dans une atmosphère saupoudrée d’encens :

Le défi du feu !!

C’est la célébration d’un vaillant africain,
D’un sauveur n’ignorant point le chagrin,
Ni la révolte – ni les infâmes soumissions,
Qui avec forces ont exhorté sa rébellion :

Le défi du feu !!

C’est une épreuve où se révèle la bravoure,
Un compte à rebours amorcé sans détours,
Un challenge à relever aux charbons ardents,
Que nus pieds les noirs traversent indolents :

Le défi du feu !!

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

L’homme à la larme de sang sur la joue
Transpire le millénaire en sa mouvance,
Quand un vampire, Monstrueux voyou !
Le guette invisiblement avec insistance.

La bête des ténèbres rôde aux alentours,
Elle salive de l’hémoglobine à l’avance ;
À l’évidence le sauvage édenté savoure,
Sa future victime se déplaçant à distance.

La chair est nourriture pour le carnivore,
Fatalement alléché par la rouge senteur,
Vorace – Le croc mord blanc de remords,
La proie périt à l’ombre de son prédateur.

Aussi :

La pitié au défunt se montre clandestine,
Lorsque l’instinct dépasse la conscience,
La survie d’un crève la faim est assassine,
Rien ne contrôle des ventres sans pitance.

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

Elle ne se préserve que par mes nuits
Où mes rêves se consacrent à l’envie
D’une attitude béate devant la pieuse
Admiration de la beauté langoureuse.

Qu’elle semble naturellement impolie,
Charmeuse et en conséquence si jolie,
Il suffit de la regarder pour être épris,
Comme un amant qui sera reconduit.

Je ne puis l’accueillir dans mes bras,
Mes yeux ne pleurez plus pour cela !
Toujours éphémère, elle s’en repart
Sans prévenir ni même dire au revoir.

Mais qu’ai-je dit pour si peu mériter,
Quand sans elle tout reste à prouver,
J’ai pendu l’espérance de son retour,
Coutumier des horreurs en plein jour.

Je me meurs de : la volonté de vivre !

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses

Dernières paroles


Sous ce ciel de plomb
Mon silence sera d’or
Pour payer les démons
Qui me hantent encore.

Si vivre a ses raisons
De vouloir fuir la mort
Que le chemin est long
Sans un espoir d’essor.

Mes rêves à l’abandon
Je mets fin à mon sort
Par les feux du poison
Mon avenir s’évapore.

J’ai des hauts horizons
Le vertige d’un remord
Accordez-moi le pardon
Nécessaire à mes torts.

Stéphen Moysan
Quelques traces éparses


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Quelques traces éparses de Stéphen Moysan
sur les Éternels Éclairs.