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Éternels Éclairs
Poésie Peinture



Fatata te miti, par Paul Gauguin
Fatata te miti, par Paul Gauguin

Huile sur toile
67.9 × 91.5 cm
1892

National Gallery of Art, Washington

Galerie Gauguin




ANALYSE DU TABLEAU




Acquis par Ernest Rouart, l’ami de Degas, sans doute peu après sa représentation à Bruxelles de 1897. C’est l’une des scènes de genre les plus simples et les plus exclusivement décoratives que Gauguin ait peinte durant son 1er séjour en Polynésie. Elle illustre à merveille le mode de vie tahitien qui fascinait tant les occidentaux. Les nymphes nues qui batifolent dans l’eau en toute innocence caractérisent l’âge d’or maintes fois évoqué par Titien, Fragonard, Corot, Courbet et même Degas.

Cette tradition commença à captiver Gauguin dès 1885. Vers 1888-1889, l’artiste avait l’esprit tellement occupé par sa peinture d’une femme nue vue de dos au moment où elle se jette dans la mer qu’il l’a réintroduite dans le fond d’un de ses autoportraits et dans un dessin. La baigneuse aux bras levés dans Fatata te miti est une reprise de ces images antérieures. Plus tard, Gauguin a encore représenté la même femme dans une de ses gravures sur bois.

Si les hommes sont absents de tous les tableaux de baigneuses européennes de Gauguin, un pêcheur armé d’un harpon apparaît ici, dans la lagune du fond, comme pour souligner combien le sentiment de pudeur était inconnu à Tahiti. La présence de ce petit personnage ne semble pas déranger les femmes, encore que ce soit difficile à affirmer dans la mesure où l’on ne voit pas l’expression de leur visage.

Gauguin a exécuté un pendant de format identique truffé de détails symboliques indéchiffrables, en total contraste avec le sujet tout simple de cette peinture de genre. Le pendant s’intitule Arearea no varua ino (L’amusement du mauvais esprit) et représente peut-être les mêmes femmes, habillées, qui musardent sur une plage près de quelque chose qui ressemble beaucoup au tronc d’arbre couché visible dans Fatata te miti.

Le décor, que ce tronc d’arbre partage dans Fatata te miti en deux zones de couleurs appliquées en glacis, semble avoir servi de modèle au paysage inquiétant qui sert d’arrière-plan à Parau na te varua ino. Dans les deux peintures, des tas de feuilles mortes échouées sur le sable introduisent des accents lumineux. Dans Fatata te miti, leurs formes décoratives évoquent les motifs végétaux vivement colorés des paréos portés par les tahitiennes. L’attachement de Gauguin à la valeur artistique des motifs décoratifs était un prolongement de son goût pour les tissus japonais, qu’il avait utilisés dans plusieurs peintures du début des années 1880.

Aucun dessin préparatoire pour Fatata te miti n’est parvenu jusqu’à nous. Les contours bleu foncé qui cernent toutes les formes indiquent que Gauguin a commencé par agencer une arabesque de lignes sur la toile, avant de colorer les surfaces ainsi délimitées. En décembre 1892, l’artiste expliquait à propose de Manao tupapau qu’avec ce procédé il privilégiait l’ « harmonie générale » ou l’ « accord musical » dans son art, au détriment des « moyens littéraires ». Pour donner la plus grande luminosité possible aux couleurs de pierres précieuses qu’il a utilisées dans Fatata te miti et dans d’autres peintures tahitiennes de cette période, il les a recouvertes d’une couche de cire transparente.



Source : Aidart





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