| Poésie | Peinture |
« C'était une âme sans orage, sans langueur, ni tourment, ni chimères. Si jamais les mélancolies du travail
ont laissé leurs traces quelque part, ce n'est ni sur les traits de Rubens ni dans ses tableaux. Par
sa naissance en plein seizième siècle, il appartenait à cette forte race de penseurs et d'hommes d'action
chez qui l'action et la pensée ne faisaient qu'un. Il était peintre comme il eût été homme d'épée ;
il faisait des tableaux comme il eût fait la guerre, avec autant de sang-froid que d'ardeur,
en combinant bien, en se décidant vite, s'en rapportant pour le reste à la sûreté de son coup d'œil
sur le terrain. Il prend les choses comme elles sont, ses belles facultés telles qu'il les a reçues ;
il les exerce autant qu'un homme ait jamais exercé les siennes, les pousse en étendue jusqu'à leurs
extrémités, ne leur demande rien au delà, et, la conscience tranquille de ce côté, il poursuit son oeuvre
avec l'aide de Dieu. »
* Eugène Fromentin, extrait des Maîtres d'autrefois.