Mise en lumière avec rage
D’une violence démentielle
Entre les lignes de l’orage
Une sombre vérité se révèle :

Noir est le cœur des nuages
Pleurant des larmes du ciel
Lorsqu’ils vivent naufrage
Dans les courants éternels !

Stéphen Moysan




Éternels Éclairs

Poésie Peinture



La pie, par Claude Monet
La pie, par Claude Monet

Musée d Orsay, Paris

Huile sur toile
89 x 130 cm
1869

Galerie Monet




ANALYSE DU TABLEAU




A la fin des années 1860, Monet commença à étendre à tous les états transitoires, voire fugitifs, de la nature, la nécessité de capter la sensation, de rendre "l'effet". Entraînant avec lui Pissarro, Renoir et Sisley, Monet reprit le grand défi du paysage sous la neige, que Courbet avait récemment revisité avec ampleur et succès. Calmant le lyrisme de ce dernier, Monet préfère au monde de la forêt et de la chasse, la frêle note d'une pie posée sur un portail comme sur une portée musicale.

Soleil et ombre construisent le tableau et traduisent l'insaisissable matière mi solide mi liquide. Le paysage impressionniste était né, cinq ans avant la première exposition officielle et le baptême du mouvement. La représentation de ce coin de campagne de la région d'Etretat, réalisée sur le motif, donne à voir des tons clairs et lumineux très inhabituels, ce qu'a souligné le critique Félix Fénéon : "[Le public] accoutumé aux sauces bitumeuses que cuisinent les maîtres-coq des écoles et des académies, la peinture claire l'estomaquait".

La nouveauté et l'audace du parti pris de Monet, plus préoccupé de perception que de description, explique le refus de la toile par le jury du Salon de 1869.