| Poésie | Peinture |
Jules Supervielle s'est toujours tenu à l'écart des Surréalistes qui régnaient sur la première moitié
du XXe siècle. Désireux de proposer une poésie plus humaine et de renouer avec le monde, il rejetait
l'écriture automatique et la dictature de l'inconscient, sans pour autant renier les acquis de la poésie
moderne depuis Baudelaire, Rimbaud et Apollinaire, ainsi que certaines innovations fondamentales
du surréalisme. Attentif à l'univers qui l'entourait comme aux fantômes de son monde intérieur,
il a été l'un des premiers à préconiser cette vigilance, ce contrôle que les générations suivantes,
s'éloignant du mouvement surréaliste, ont mis à l'honneur. Il a anticipé les mouvements des années 1950,
dominés par les puissantes personnalités de René Char, Henri Michaux, Saint-John Perse ou Francis Ponge,
puis - après la parenthèse avant-gardiste des années 1960-70 - ceux des poètes désireux de créer
un nouveau lyrisme et d'introduire une certaine forme de sacré ou, tout au moins, une approche
plus modeste des mystères de l'univers, sans remise en cause radicale du langage.
* Wikipédia