| Poésie | Peinture |
« Lamartine est un de nos plus grands poètes : on peut mettre son nom à côté de celui de Victor Hugo
au XIXe siècle. Il est, comme l’a dit avec un charme extrême M. France, l’incarnation même de la poésie ;
l’admirable effusion de ses vers, si abondante, si mélodieuse, semble presque involontaire : ils sont
beaux parce qu’ils reflètent les plus hauts sentiments, les pensées les plus délicates ; le poète
ne chante que lorsque l’inspiration le presse ; sa rêverie le domine. On ne trouve dans ses vers
aucun effort de rhétorique ou de langue, tandis que Hugo représente le plus génial artisan de mots
et de vers de notre siècle et peut-être de tous les siècles. L’impression produite par
les Premières Méditations fut immense ; cette poésie si chaste, plaintive, élégante et passionnée
fut une révélation, une véritable extase : il répondait à ce besoin d’infini et d’amour qui tourmentait
les âmes après tant de malheurs et de révolutions. Cette murmurante poésie qui ne parlait que du ciel
ou des plus innocentes amours de la terre prit au cœur toute une génération. »
* Philippe Berthelot