Mise en lumière avec rage
D’une violence démentielle
Entre les lignes de l’orage
Une sombre vérité se révèle :

Noir est le cœur des nuages
Pleurant des larmes du ciel
Lorsqu’ils vivent naufrage
Dans les courants éternels !

Stéphen Moysan




Éternels Éclairs

Poésie Peinture

Une grande dame

Belle « à damner les saints », à troubler sous l’aumusse
Un vieux juge ! Elle marche impérialement.
Elle parle - et ses dents font un miroitement -
Italien, avec un léger accent russe.

Ses yeux froids où l’émail sertit le bleu de Prusse
Ont l’éclat insolent et dur du diamant.
Pour la splendeur du sein, pour le rayonnement
De la peau, nulle reine ou courtisane, fût-ce

Cléopâtre la lynce ou la chatte Ninon,
N’égale sa beauté patricienne, non !
Vois, ô bon Buridan : « C’est une grande dame ! »

Il faut - pas de milieu ! - l’adorer à genoux,
Plat, n’ayant d’astre aux cieux que ses lourds cheveux roux,
Ou bien lui cravacher la face, à cette femme !



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Paul Verlaine
Poèmes saturniens